Enterrez votre vie de garçon à Bordeaux

Mon meilleur ami se marie en juin. Il était hors de question de ne rien organiser. Nous sommes un petit groupe de 5/6 et nous souhaitions lui faire une surprise sans tomber dans le cliché du « FREE HUGS » dans la rue déguisé en Pikatchu. Ça ne lui aurait pas plu, nous non plus. Nous avons alors décidé de l’emmener dans une ville pas trop loin, qu’il n’avait jamais visité : Bordeaux.

#1 – Se loger 

Quoi de mieux que AirBNB, je vous le demande ? Pas la peine d’en faire l’éloge, tout le monde connait. Le centre était vraiment hors de prix, nous avions donc décidé de loger de l’autre d’un pont : boulevard Ludovic Trarieux. À 10min en Tram, 35 minutes à pieds. Parfait ! Et beaucoup moins couteaux… Ça nous ait revenue à 35 euros chacun pour deux nuits.

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# 2 – Tourisme

Je connaissais déjà Bordeaux, mais pas mes amis. Nous avons donc fait les « immanquables de la ville :

– Le quartier Saint-Michel et sa flèche, où nous avons mangé au Moony Burger House sur la place Meynard. C’est une quartier plus « rustique » pour certains, mais véritablement vivant à mes yeux. On y trouve aussi les halles couvertes du Marché des Capucins.

– La grosse cloche de la rue Saint James. Sans doute ma rue préférée de Bordeaux, on s’y sent hors du temps et chez soi à la fois. Nous nous sommes posés au Barjo pour faire un jeu de société. Ils possèdent plus de 2000 jeux et expliquent les règles si vous avez envie de tester quelque chose de nouveau. Le personnel est A-DO-RABLE.

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– La place de la Bourse, où nous avons bu un verre au Rockwood. Le bar est grand, la musique est ni trop forte, ni trop absente. On peut jouer aux fléchettes. L’ambiance est vraiment sympa. Par contre, quand ça ferme, ça ferme et à coup de coup de pieds aux fesses. 😉 Le centre de Bordeaux a vraiment une âme, les places ouvrent sur toujours plus de places. Le marathon se déroulait, d’ailleurs, le 15 avril, ce qui créa une ambiance toute particulière. Certaines personnes courraient encore à 1/2h du matin…

– Autre grand axe, que le boulevard Victor Hugo qui divise le centre historique du centre plus « modernes », nous sommes passés sous l’arche et ses tortues au pieds de la rue Saint-Catherine, qui ouvre sur le théâtre (et le restaurant de Gordon Ramsay, autant vous dire que ce n’est pas la même ambiance qu’à Saint-Michel).

– Une fois passé le théâtre, la place des Quinconces nous ramène peu à peu au miroir d’eau et, donc, à la place de la Bourse. Le centre est relativement petit et varié en même temps. On repasse souvent par les mêmes endroits, mais sans jamais voir la même chose.

L’idée était de passer un moment fort ensemble. C’est pourquoi nous avions préparé un petit questionnaire sur notre amitié, avec des bonus ou gages à la clef. Dont l’un des bonus était d’aller à Saint-Émilion, à une quarantaine de minutes de la ville. Le village est sublime, il s’élève un peu en hauteur, ce qui donne une vue incroyable. On y trouve beaucoup de restaurant et boutiques pour ceux qui veulent flâner, mais aussi beaucoup d’architecture religieuse variée pour les plus avides de connaissances. Après la balade, nous avons penché pour une dégustation. Nous sommes allés au Château Beaurang. Il suffit simplement de réserver et on a une petite visite de la propriété en plus de la dégustation gratuite. C’était un beau moment.

Bien sûr, après tout ce vin, nous avons du rentrer à Rennes.

 

Une femme seule en voyage : le top 5 des réflexions

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Bratislava – Slovaquie

On connaît tous une nana, ou la copine du copain de la copine, qui veut voyager ou voyage seule. Je suis l’une de ces nanas, et croyez-moi, bien qu’elles soient à 99% dites sur le ton de l’humour, on sait très bien qu’elles révèlent un soupçon de vérité, et on en a marre d’entendre ça :

  • Mais tu sais… Les agressions, viols, il faut faire attention. Comment tu vas te défendre toute seule ? Alors qu’on se le dise, je connais des personnes à qui s’est arrivée, en groupe, seule, seul, de journée, de nuit et dans des villes où « ça n’arrive pas normalement ». Le jour où je me sentirais en sécurité dans mon propre pays, les yeux fermés, je craindrais PEUT-ÊTRE d’aller à l’étranger. Bien sûr, j’encourage à faire attention où on met les pieds. Tout de même.
  • Tu préfèrerais pas partir avec ton mec plutôt ? Faudrait-il déjà en avoir un, et quand bien même il existe, qui vous dit qu’il ne préfère pas rester à la maison ? Qui vous dit qu’il aime/veut voyager ? Qui vous dit qu’on est pas d’accord sur le sujet ? Depuis quand une femme ne peut-être épanouie sans homme ? Et surtout : qui vous dit qu’on ne voyage pas seule par choix ? Et non par abandon ou égoïsme comme beaucoup le pensent..
  • C’est ton côté féministe c’est ça ? C’est pour faire ta Femme qui n’a peur de rien ? Te prouver que tu es capable de faire comme un homme ? Celui-ci me laisse souvent terriblement perplexe. Que répondre à tant de clichés/conneries dans une seule phrase ? Si il y a quelqu’un à qui je rend des comptes, c’est bien moi-même. L’avis des autres.. C’est le cadet de mes soucis. 😉
  • Et ta famille ne va pas te manquer ? Comment est-ce que tu vas les rassurer ? Partir seule ne fait pas de vous un être abominable dénué de sentiments. Évidemment, et heureusement, que ma famille va me manquer. Ça fait même du bien de ressentir ce manque. Quant à eux, bien sûr qu’ils s’inquiéteront. Mais que je sois à Busan ou à Rennes, ils s’inquièteront de la même façon. Au moindre point WIFI je leur donnerais des nouvelles, je les impliquerais dans mon voyage. Mais si vous voulez l’échange avec ma mère quand je lui ai annoncé mon départ seule en Corée :
    – Maman j’ai envie de prendre des billets pour Séoul.
    – Si y’a une promo, fais-le.
    – Je partirais seule hein.
    – Et donc ? C’est t’es affaires ça *en rigolant*, tant que tu reviens en vie !
    Ça lui a clairement fait une belle jambe.
  • Mais tu le sors d’où ton argent ? T’as trouvé un millionnaire qui t’entretient ? Quand les gens comprendront-ils qu’on n’a pas les mêmes priorités ? Je ne dépense jamais d’essence car j’aime marcher. Je m’achète un ou deux vêtements dans l’année. Mon alimentation est à 99% composée de pâtes au fromage. Je bois pas. Je fume pas. Je ne vais pas au cinéma, je préfère lire. Je ne vais pas au coiffeur, mon père me coupe les cheveux depuis 4 ans. Je ne joue plus aux jeux vidéos. Je regarde pas la télé. Je ne fais pas de sport (oui mon hygiène de vie est déplorable). Je me maquille à peine. Et non, mon quotidien n’est pas ennuyant. Je me lève le matin pour aller travailler. Je vois mes amis les soirs. Je bouquine ou regarde des série. Mais forcément, je mets bien plus de côtés que la majorité des gens.

Ljubljana – Slovénie / Bled – Roumanie

D’une rageuse aux rageux.

Voyager en pays pauvre – #Inde

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Les régions pauvres effraient certains voyageurs qui se questionnent sur la sécurité, d’autres recherches ces endroits pour se reconnecter à la réalité. Je prends le parti d’aller où je souhaite aller sans faire de différenciation personne pauvre / personne riche. Ce sont des habitants de la région que je visite. Évidemment, c’est pas pour autant qu’il faut nier la situation et faire comme si de rien n’était.

En Inde, il est bien sûr impossible de passer outre la misère. Certains enfants cuisinent dans les rues le soir, d’autres habitent des deux mètres carrés. Le tout est de s’adapter à la situation. Avoir peur ne sert à rien, aucun endroit sur terre n’est safe. Mais ce que j’ai vu de pire, ce sont les touristes les prenant pour des assistés, voir des animaux. Oui la pauvreté est un fléau et elle nous touche. Toutefois, les prendre en photo pour montrer que « tiens je vais voir les pauvres » n’est pas humain. Vouloir les aider est louable, il ne faut pas pour autant les insulter. Ceux qui donnent trois fois rien, non. Est-ce que vous donnez un centime au SDF d’en bas ? Croyez-vous que ça lui soit vraiment utile ? Quant à ceux qui offrent des parfums Channel pour montrer à quel point « nous peuple évolué sommes généreux » est une insulte.

Oui, le français lambda est dégueulasse. J’en ai vu beaucoup s’interroger sur les déchets, souvent en insultant ces indiens « mais ces cons peuvent pas nettoyer ? Ils pourrissent notre planète tout ça parce qu’ils ont pas envie d’aller à l’école ». Ces mêmes gens jettent leur papiers par terre bien sûr. Mais surtout ces personnes ne comprennent pas quand sans accès à l’école, il ne sauront pas ce qu’est la pollution. Sans moyen pour vivre, ces enfants doivent aider leurs parents à survivre. Parents qui préfèreraient, ô combien, les voir à l’école.

Contrairement à ces touristes, il ne faut pas les prendre pour des personnes bêtes. Leur mode de vie est différent et, à mes yeux, bien plus beau. Ils se concentrent sur l’essentiel, leur travail est toujours « utile », comme l’homme qui nourrit les animaux du village ou celui qui s’occupent des personnes âgées. Évidemment, ils préfèreraient sans doute ne pas avoir peur de la faim ou de la soif. C’est pour ça qu’il ne faut pas rester de marbre. Mais il faut arrêter de croire qu’il est nécessaire d’infantiliser les pays en situation de pauvreté. Il faut, s’ils le souhaitent, leur apporter les clefs de compréhension pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent. Sans pour autant exclure l’aide directe. Un enfant sera toujours heureux avec un jouet ou une mère avec de la nourriture. Sans être dans le déni, traitons les en égaux pour les aider au mieux, mais aussi pour apprendre d’eux et de leur manière de voir la vie.

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On est tous des habitants du monde.

Et le Taj Mahal dans tout ça ? – Inde

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Je ne suis pas de ceux qui aiment les chef d’oeuvre parce qu’ils sont dit chef d’oeuvre, mais je vais les voir pour me faire mon propre opinion. En étant en Inde, comment ne pas faire un saut par Agra ?

On y est allé tôt le matin, la brume n’était pas encore totalement levée. On a passé une image porte couleur brique, derrière laquelle se dévoilait l’édifice. Première réflexion ? Il est tout petit. Non, on était simplement plus loin qu’on ne le pensait. On le voit souvent d’un blanc éclatant. Il l’est, mais dans la vraie vie, il est sans retouche et se fond presque dans le brouillard matinal. C’est encore plus beau. Ça créé comme une ambiance pastel appairante qui nous enveloppe, sans pour autant être froide.

On a longé les bassins d’eau qui le précède pour nous approchait. Ce qui était derrière nous était aussi beau que ce qui se trouvait devant. Déjà un bon nombre de touristes et aucun ne se retournait. Pour la première fois, il y avait beaucoup de français. On en n’a pas croisé un seul qui ne rallait pas.

Puis on était au pieds, c’était gigantesque. Entouré de deux édifices : un hôtel privé et une mosquée, c’était sublime. On enlevait nos chaussures et on foulait le marbre. Les détails de la matière, de près, étaient impressionnants et surtout somptueux. L’intérieur était très sombre et répétitif. On déambulait dans des couloirs sans aucune originalité architecturale. Beaucoup de touristes prenaient des selfies devant les tombes… On appréciera toujours le bon goût de l’humain.

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En ressortant, le soleil c’était levé, pourtant le fleuve à l’arrière était toujours embuée. Il y avait comme une ambiance de nature indomptable à la forêt amazonienne qui contrastait tellement avec ces bâtiments imposants que nous visitions. Nous nous sommes retournés et là… une nuée de touristes. Pourtant, on avait du passer qu’un petit quart d’heure dans le Taj. Je suis pour l’accès à la culture, c’est une chance que nous avons. Mais il ne faut pas nier que ça détruit la qualité des visites… Surtout quand les 3/4 ne sont qu’à la chasse au selfie ou se croient à CritiqueLand. Je vais faire ma vieille conne, mais où sont nos musées calmes où l’on admirait et apprenait ? Surtout que rappelons-le, nous étions dans un lieu mortuaire. Le titre de « merveille du monde » n’est pas censé supprimer le respect à avoir en ces lieux…

Bigre, que c’est beau.

Ceux qui ont le moins donnent le plus #Inde

Si vous vous êtes déjà rendus en Inde, ou comptez vous y rendre, vous ne pourrez pas ignorez les bidonvilles, habitats de fortune, ou tout simplement les personnes vivants dehors. Que ce soit « organisé », occasionnel ou en groupe, ces images sont frappantes. Combien de fois j’ai vu des enfants, de jeunes enfants, d’à peine 4 ou 5 ans se faire à manger, une fois la nuit tombée, sur le bord d’un trottoir. Je ne préfère pas les compter…

Mais c’est une réalité, qu’il ne faut surtout pas nier. Un soir, comme les autres, nous nous sommes promenés. Arpentant les rues sans but, nous avons fini par suite une pancarte « market ». On entendait du bruit au loin, on voyait de la lumière. « C’est là bas, c’est sur ! ».

Une rangée de sans abris devant une palissade. Derrière cette séparation, un « bâtiment » fait de tôles. À l’intérieur, une célébration religieuse. On aurait dit un temple d’Hanouman. On ne voulait pas déranger, mais on voulait quand même regarder les décors. On resta à l’extérieur, on espérait juste jeter un oeil quelques minutes. Mais le prêtre c’est arrêté, il nous a fixé. Il plissait les yeux. On arrivait pas à savoir si on avait rien à faire là, ou si ça le surprenait. Il se levait, s’approcha. Il nous tendit des bananes. Bêtement, on pensa que c’était pour faire une offrande à leur dieu (sauf mon père, mon père lui avait déjà englouti la banane). Il nous invita à retirer nos chaussures et à entrer. Une personne adorable garda nos chaussures sans qu’on lui demande quoi que ce soit, ni même accepter ce qu’on voulait lui offrir. Un jeune garçon nous fit visiter et nous expliqua, on fut invité devant l’autel. On avait rien à lui donner… Le prêtre rigola quand on donna une banane à la statue divine. Plusieurs jeunes femmes nous expliquèrent alors le fonctionnement du temple et la pensée entourant le dieu. Soudain, le premier jeune homme nous invita à diner chez lui. On ne pouvait pas rester… Et il était hors de question de le priver du peu de nourriture qu’il avait.

J’étais déjà ému par le don de la banane, mais les jeunes filles nous offrirent à tous un gigantesque collier de roses et d’oeillets. Il sentait tellement bon… C’est sans nul doute le souvenir auquel je tiens le plus. Je l’ai fait sécher pour le conserver. Ce qui est marrant, c’est que pour une fois, je n’ai même pas penser à faire une photo pour immortaliser ce que je considère, aujourd’hui, comme le plus beau moment de ma vie.

Maintenant, imaginez un instant la scène inverse. Un prêtre français, en pleine messe, qui aperçoit au loin une famille indienne. Pensez-vous qu’il va s’arrêter ? Pensez-vous que beaucoup de fidèles vont les faire visiter ? Que le prêtre va les nourrir ? Ou même que des fidèles vont les inviter à manger après leur avoir fait des cadeaux ?
Je ne blame personne, moi-même, il y a quelques années, je n’y aurais pas pensé. On est « habitué » à penser ainsi. Mais le plus important avec la routine, c’est de la briser non ? 😉

À méditer.

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Homophobie et humiliation ♡

Je place le contexte : la fille d’une amie à mes parents a deux copines. Elles sont toutes les trois inséparables et dans un collège public du 28. Qu’elle fut pas ma stupeur et mon dégoût lorsqu’on m’a raconté l’histoire.

Avant-hier donc, les deux copines de la fille ont été convoqué à l’école. Pourquoi ? Parce qu’elles se donnent des surnoms affectueux de type « ma chérie ». Ce serait l’infirmière de l’école qui aurait commencé à voir un « soucis », qu’elle a nommé « problème psychologique les rendant peut être lesbiennes ». Problème qu’il faudrait, bien évidemment, régler au plus vite en leur imposant une visite chez le psychologue scolaire et en convoquant leurs parents.

Tellement de termes utilisés donnent envie de vomir… Problème. Régler. Psychologue. Soucis. Mais ça va bien plus loin que ça… C’est révoltant.

Tout d’abord, rien ne laisse transparaître qu’elle sont lesbiennes. Qui n’a jamais dit je t’aime à sa copine ? Qui ne lui a jamais tenue la main ? Et qui n’a jamais dormi avec ou fait des câlins sans une quelconque attirance ou aucun sentiment amoureux ? C’est quoi cette envie de mettre dans une case ?

Si je suis la logique de cette dame, je suis lesbienne. J’ai déjà caressé le dos d’une copine pour l’aider à s’endormir, je me suis déjà lavée avec une copine, j’ai déjà dit que j’aimais mes copines, j’ai déjà embrassé pour rire des copines, j’ai déjà tenue la main d’une copine, et j’ai déjà appelé une copine mon amour. Cela me rend lesbienne ?
Ok, j’ai déjà réfléchi sur ma sexualité, déjà été attiré physiquement et sentimentalement par une fille. Peut-être que mes actions du collège, pour ces dames, ont influé sur ma « lesbianité refoulée » actuelle. Mais, étrangement, aucune de ces filles m’attirant n’étaient mes copines à qui je disais tout ça. Je ne suis jamais sortie avec une fille. Je me considère même hétéro, puisqu’il faut mettre un nom sur tout.

Ce qui me pose le plus problème dans cette histoire c’est le « et si elles sont vraiment lesbiennes ou bi » ? Cette dame pourrait détruire leur vie, tout simplement, juste parce qu’elle estime qu’il faut calquer sa vision de la normalité et se mêler de ce qui la regarde pas. Qui a le droit de décider du coming out de quelqu’un ? Qui a le droit d’imposer à quelqu’un de se mettre dans une case et de m’en faire sortir ? Qui a le droit de forcer l’officialisation d’un couple ? Et si ces filles ne savent pas elles-mêmes qui elles sont … elles doivent quand même annoncer ça à leur parents ? C’est gerbant. Gerbant d’imposer ça à des jeunes filles et d’autant plus écoeurant de leur montrer que ce n’est « pas normal ».

Beaucoup d’hétéro, homo ou bi diront à leurs copines « ma chérie », c’est ainsi. Quand on est jeune, on aime donner des surnoms. Est-ce mal ? Malsain ? Est-ce proclamer une homosexualité refoulée ou assumée ? J’ai envie de rire devant tant de conneries, mais c’est la tristesse qui prime. Soyez qui vous êtes, n’écoutez pas les autres, quelqu’un vous jugera toujours. On s’en fout. Résistez. Le monde changera.

Espoir pour que les gens se mêlent de leur cul.

 

L’appel de la prière – Retour en Asie – Inde – Pushkar

Je ne vais pas commencer par dire pourquoi je suis retournée en Asie ou quand j’y suis allée. Je n’ai pas non plus commencé par Pushkar, je suis allée dans bien d’autres endroits de l’Inde avant. Mais, j’avais envie de commencer par mon souvenir le plus personnel.

Je ne suis rattachée à aucune religion, je ne suis pas athée non plus. Je suis clairement et simplement agnostique. Je ne pense pas qu’il soit tabou de parler croyance, notamment quand on s’intéresse à l’Inde. C’est difficilement dissociable… Voir même impossible. Je ne pensais pas y trouver une quelconque réponse, ni même m’intéresser, là-bas, autant à la religion. Ce qui m’a marqué, et ce qui est fascinant, c’est de voir à quel point les religions cohabitent. Certains édifices religieux (temples bouddhistes, sikh, etc.) ou politiques (palais de maharadjah) ont une architecture qui rassemblent plusieurs religions dans le but de montrer que tout le monde est le bienvenue, peu importe qui il est et d’où il vient. C’est ce qui m’a attiré tout d’abord. On ne juge rien ni personne.

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Nous étions donc à Pushkar, une ville sacrée. Je passerais sur le fait que la ville est très animée et colorée. Hormis le fait qu’elle m’ait autant plu, elle m’a surtout touché.
Au centre, il y a un lac, un lac sacré. On peut y voir des femmes, des enfants, nus, faire des ablutions. Les vaches se pavanent au soleil sur les abords. Les gens habillés y apportent la couleur, les gens nus la curiosité et pourtant, il y règne un si grand respect. À la fois calme et vivant… J’y trouvais, au final, une grande sérénité.

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Comme beaucoup, dans des moments difficiles, je me suis déjà surprise à prier, même sans être croyante, tel un besoin désespéré, un dernier espoir. Mais pour la première fois de ma vie, en Inde, j’ai simplement eu ENVIE de prier. Un prêtre nous a alors accompagné dans la démarche afin de nous expliquer comment fonctionner en accord avec le Lac.
Il fallait, tout d’abord, fermer les yeux. Se relaxer. Le prêtre bénissait nos ancêtres, notre famille et notre descendance. Ensuite, il nous posa des oeillets, du riz et des roses dans les mains, que nous devions conserver jusqu’à la fin de la prière. Après avoir répété quelques phrases introductives en anglais, la prière se passait en trois étapes, en silence, il fallait :

– prier pour notre famille
– prier pour ceux qui sont morts et ceux à venir
– prier pour le monde

C’était comme exponentiel, comme si nos pensées étaient de plus en plus désintéressées et pures. Pas une seule fois il fallait prier pour nous, ni même penser à nous. C’est, sans nul doute, ce qui m’a le plus plu, pas une fois il m’ait venu à l’esprit ce « je » que la société nous fait mettre en avant au quotidien. Le prêtre nous a, ensuite, dessiné un bindi en bénissant, à nouveau, nos ancêtres et notre descendance. Enfin, nous sommes allés jeter ce qui ce trouvait au creux de nos mains dans le Lac.

 

Je précise que je ne me sens toujours pas attachée à religion, ni même croyante. J’aimerais ne pas avoir à me justifier, mais, encore une fois, il le faut. Les distinctions sont grandes et les cases qu’on nous imposent : incroyablement étroites. Je pense simplement qu’il est important, à certaines étapes de nos vie, de se concentrer bien plus sur l’autre que sur soi. Certes, il y a une recherche de spiritualité derrière tout ça. Certes, j’ai choisi de prier là bas. J’aurais pu choisir un temple ou une messe. J’ai choisi ce Lac et ce prêtre. Mais avant toute chose, j’ai choisi d’orienter mes pensées, de manière intense envers les gens que j’aimais, les gens que j’aimerais et l’humanité. C’est le genre d’instant qui nous rappelle que l’on peut avoir ces belles pensées plus souvent, qu’il faut les avoir plus souvent. Pour moi, il a fallu un religieux pour me rappeler comment faire…

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Sur les traces de Gandhi.

Voyager du jour au lendemain : stressant ou facile ? – Corée du sud – Busan

Partir en Corée m’a prit sur un coup de tête. J’ai acheté un guide de Séoul pendant les courses avec mes parents. J’étais un peu dans le déni, je m’impliquais sans le rendre concret. Dans la voiture je le feuilletais. J’ai demandé à ma mère « si je partais voir Noémie quelques jours et qu’après je faisais le tour de la Corée, tu dirais quoi ? ». Elle m’a répondu « Que veux-tu que je te dise ? Je vais m’inquiéter, mais quand t’as une idée dans le cul … ».

La semaine d’après j’achetais un guide Corée du Sud, je faisais que de le feuilleter, voir si vraiment des choses pouvaient m’intéresser. Sachant que je m’intéresse à tout, ce ne fut pas difficile de trouver…

Un jour, je me suis dit que j’allais regarder les prix des billets, pour me renseigner. Oui, je ne m’y étais toujours pas intéressée. Comme d’habitude. 475 euros aller-retour. Mes billets étaient pris, je partais le mois d’après.

Je ne conseille pas du tout de faire ainsi. Mais je sais que c’est ma façon de fonctionner. Je vis au jour le jour et ne regrette jamais si, sur l’instant, c’était réellement ce que je souhaitais. La passion passe au premier plan et je n’ai pas le temps d’avoir peur, je n’ai pas le temps de cogiter, ni de stresser. La raison est mon premier concurrent, mais je sais comme l’éliminer. Ce n’est que dans l’avion que j’ai commencer à me dire « qu’est-ce que je fais ? ».

Tout mon voyage s’est déroulé sur le même modèle. Je n’avais réservé que ma première nuit. J’atterrissais tard et je ne voulais pas m’en soucier. Mais pour les jours suivants… Pas de Wifi dans ce pays ? Je n’y ai pas réfléchis. Les logements complets ? Tant pis. Je ne m’étais renseignée de rien pour savoir où dormir. Il y aurait toujours une solution. Chaque matin je me levais sans savoir où je dormais. Certains me trouveront naïve ou inconsciente. Je me les suis prises ces réflexions. Pour moi, ça avait un côté rassurant car, au final, j’approchais ce qui ressemblait le plus, du moins dans notre monde, à ce qu’on peut appeler la liberté. La vraie liberté. Ces instants que l’on vit uniquement pour soi. Quand on y est, ça ne fait pas peur, ça fait simplement un bien fou.

Pour vivre libre, vivons cachés.

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Photos : Busan

 

Envoyer une carte postale de Corée : mon véritable périple

Suis-je la seule à toujours envoyer ma vingtaine de cartes postales en partant à l’étranger ? C’est le meilleur moyen pour manifester notre pensée malgré la distance, c’est simple, efficace. Euh.. Simple ? Pas en Corée du sud.

Bien sûr, les coréens parlent toujours très mal anglais. Première difficulté. La seconde fut : OU SONT LES CARTES POSTALES ? D’ores et déjà, les magasins de souvenirs comme on l’entend sont plus que rares. L’unique « gift shop » que j’ai croisé vendait des casquettes. Des casquettes. Pas des casquette « i love Séoul ». Juste des casquettes. Enfin passons. Les seules cartes postales trouvées furent le dernier jour, au Musée de Séoul. Soit. Trois modèles possibles. J’en ai pris 5/6 de chaque. La caissière a commencé par se marrer. J’me suis dit « bon, c’est à cause des trois modèles ».

Je pars alors en quête d’une Poste pour acheter mes timbres. Et commença l’un des plus gros moment de solitude de ma vie. J’assistais à la réelle incompréhension de la chère employée de la Poste (tiens, c’est international ça..). Mais la nouveauté, c’est qu’elle comprenait parfaitement l’anglais et comprenait, littéralement, ce que je racontais. Je le voyais bien. Mais elle n’arrivait pas à concevoir mon besoin d’envoyer mes fichues cartes en Europe. Il riait tellement.. Puis, elle appela sa collègue. Elles se marraient à deux. J’ai commencé à me dire que ça n’existait peut-être tout bonnement pas. Puis après 15/20 min de marrade entre les deux, elle fini par me donner ma vingtaine de timbres. Cela existait donc bel et bien et, surtout, ça coûtait trois fois rien. Manifestement, les coréens n’ont jamais envoyé ou reçu de cartes postales. Le fait est que les miennes sont bien arrivées à destination et c’est la plus important.. ahah

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P.S. : i love Séoul.

Corée du sud : les plus et les moins #2

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Ce qui ne me manquera pas de la Corée :

– La pollution est HO-RRIBLE. Sur les hauteurs de Séoul on n’aperçoit presque jamais la ville et ce n’est, hélas, pas le brouillard…

– Que RIEN ne soit traduit. Je ne demande pas forcément de l’anglais, et encore moins du français. Mais notre alphabet manque quand il s’agit de savoir quel bus on cherche à prendre ou si le nom de notre guesthouse se trouve parmi les 20 pancartes d’un bâtiment.

– La majorité de la nourriture. Je ne suis pourtant pas difficile, ni même sensible aux épices. Mais là .. Le poulpe à gogo ou même les viandes douteuses, rien n’est appétissant. On finit par trouver ce qui est le moins mauvais, mais rare sont les mets où l’on peut s’exclamer « servez en moi un deuxième ! ».

– L’habitude des coréens à cracher. Glaire à gogo ou cracha, rien ne les arrête. Que ce soit dans les lieux publics, les transports, ou encore les fils d’attente.. Les coréens ne voient aucun problème à extérioriser ce qui devrait se trouver dans leur bouche. Nombreux hauts le coeur au rendez-vous.

Au final, bien peu de choses négatives.

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Photos : Gyeongju